Bonjour !

Alors qu’approche la grande fête de Pâques, nous entourons fraternellement les catéchumènes de notre prière, par les « scrutins » où nous demandons à Dieu de les protéger des doutes et de les aider à grandir dans la foi. C’est normal ! Leur baptême répond à un cheminement intime, mais fait aussi entrer dans la communauté des croyants, l’Église. Nous sommes donc concernés.

60 ans de Vatican II

Cette dimension communautaire remonte à Jésus, qui avait rassemblé des disciples autour de lui et avait organisé ce groupe en instituant les douze apôtres. Les Actes des apôtres et les lettres de saint Paul témoignent de l’évolution de cette organisation : des « anciens » (presbytres, mot qui va donner « prêtres ») apparaissent, ainsi que des « surveillants » (épiscopes, d’où évêques), des diacres, des docteurs, des prophètes… Parmi lesquels des femmes, d’ailleurs ! L’évêque de Rome prendra rapidement une place à part dans le dispositif…

Mais l’Église n’est pas une simple institution, un genre d’association chargée de transmettre la bonne parole ! C’est pourquoi le concile de Vatican II lui consacre une Constitution dogmatique, Lumen Gentium, qui commence par rappeler « le mystère de l’Église » (ch. 1). Car « la clarté du Christ resplendit sur le visage de l’Église », l’Esprit Saint habite en elle et, par elle, vient habiter dans le cœur des baptisés, dont il assure alors l’unité. « L’Église est en quelque sorte le sacrement, c’est-à-dire à la fois le signe et le moyen, de l’union intime avec Dieu et de l’unité du genre humain ». Elle est le Troupeau de Dieu, sa Vigne, son Temple (dont Jésus est la pierre angulaire et nous les pierres vivantes), l’Épouse de l’Agneau. Elle est surtout le Corps mystique du Christ, qui en est la tête et nous les membres, tous différents mais tous utiles à la bonne marche et à la croissance de ce Corps.

Nous pouvons avoir parfois de la peine à reconnaître cette Église sainte dans l’Église concrète que nous fréquentons ou dont il est question dans les faits divers… Mais c’est bien la même, il s’agit plutôt d’apprendre à voir la dimension divine derrière la dimension terrestre. L’Église est sainte, puisque l’Esprit Saint l’assiste, depuis la Pentecôte, conformément à la promesse de Jésus ; mais elle est en même temps constituée de pécheurs, et donc toujours appelée à se purifier, à se convertir. Humblement, avec patience, elle doit affronter « les difficultés qui lui viennent du dehors et du dedans », pour « révéler fidèlement au monde le mystère du Seigneur ».

Père Nicolas