Editorial de la semaine

Le sacrement des malades… ?

L’Onction des malades fait partie des sept sacrements de l’Église. Quelle grâce procure ce sacrement ? Qui peut le recevoir et à quel moment de son existence ? Quel est son fondement biblique ? Comment sa pratique a t-elle évolué au cours de l’histoire de l’Église ?

Durant sa vie terrestre, Jésus-Christ a souvent manifesté aux malades un amour de prédilection. En guérissant certains d’entre eux, il disait à tous sa sollicitude (Mt 14, 14 ; Mt, 15, 29-31). Les apôtres, envoyés en mission par le Seigneur, « faisaient des onctions d’huile à beaucoup de malades et les guérissaient (Mc 6, 13). En outre, saint Jacques écrit : « Si l’un de vous est malade, qu’il appelle ceux qui exercent dans l’Église la fonction d’Anciens : ils prieront sur lui après avoir fait une onction d’huile au nom du Seigneur. Cette prière inspirée par la foi sauvera le malade : le Seigneur le relèvera et, s’il a commis des péchés, il recevra le pardon » (Jc 5, 14-16).

Les « Anciens », ce sont les prêtres. « Ils imposeront les mains à des malades, et ceux-ci seront guéris (Mc 16, 18).

Aux premiers siècles de l’Église, les malades ou leurs proches pouvaient venir à la messe dominicale avec des huiles pour les faire bénir par l’évêque ou le prêtre, pour en faire ensuite l’onction eux-mêmes à la maison.

A partir du XIIe siècle, la pratique de l’Onction des malades va subir une mutation. L’Onction des malades devient « l’extrême-onction », « L’onction de ceux qui vont mourir  » (saint Thomas d’Aquin).

Au XVIe siècle, le Concile de Trente souligne que « cette onction doit être administrée aux malades, mais à ceux-là surtout qui sont si dangereusement atteints, qu’ils paraissent arrivés au terme de leur vie. »

L’appellation « extrême onction » et l’administration de ce sacrement en extrême urgence de péril de mort, ont parfois suscité des peurs jusqu’à nos jours. Comment dédramatiser aujourd’hui l’hantise du sacrement des malades ? Comment le proposer aux malades sans qu’ils aient l’idée d’une mort imminente ?

Certes, une personne âgée ou malade, qui franchit un seuil notable de fragilisation, peut recevoir l’onction des malades. Mais une meilleure compréhension du sens, des effets de ce sacrement et sa pratique plus courante dans une célébration individuelle ou communautaire, pourraient aider davantage le peuple de Dieu à se l’approprier.

En effet, comme le souligne le Concile Vatican II, « l’extrême-onction qu’on peut appeler aussi et mieux, l’onction des malades, n’est pas seulement le sacrement de ceux qui se trouvent à toute extrémité. » (cf. Constitution sur la Sainte Liturgie « Sacrosanctum Concilium » 73).

L’huile des malades est bénite par l’évêque à la messe chrismale au cours de la Semaine sainte : « Pour soulager le corps, l’âme et l’esprit des malades qui recevront l’onction pour chasser toute douleur, toute maladie et toute souffrance physique et morale » (cf. Missel Romain, Prière de Bénédiction de l’Huile des Malades).

Le sacrement des malades peut être proposé à tout baptisé atteint d’une maladie grave, tout patient qui doit subir une grave intervention chirurgicale ou toute personne âgée affaiblie gravement. Elle est porteuse d’une grâce de l’Esprit Saint, une aide divine de Salut qui apaise la souffrance et calme les angoisses en unissant au mystère de la Croix du Christ Sauveur. Elle est réitérable dans une maladie ultérieure.

La grâce première du sacrement des malades est donc une grâce de réconfort, d’apaisement, de soulagement, de paix intérieure, et de courage qui peut contribuer à la guérison car « nul n’ignore l’inter-action du physique et du moral. »

« Par l’Onction sacrée des malades et la prière des prêtres, c’est l’Église tout entière qui recommande les malades au Seigneur souffrant et glorifié pour qu’il les soulage et les sauve (cf. Concile Œcuménique Vatican II, Constitution dogmatique sur l’ Église « Lumen Gentium » 11).

Père Bi Goh Ortalin KOUASSI, Aumônier paroissial de la Pastorale de la Santé

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