De la surabondance de Dieu à la surabondance de l’homme
Après le bouleversement causé par les extrêmes souffrances du Christ que nous avons suivi toute cette Semaine Sainte, surgit au matin de Pâques comme un doux étourdissement provoqué par une joie naissante, toute divine, qui a jailli au cœur de la nuit : Christ est ressuscité d’entre les morts, alléluia ! La Nouvelle annoncée par l’Ange de la Résurrection, et proclamée par les saintes femmes, rencontre dans un premier temps des cœurs encore anesthésiés de douleur par le souvenir des tortures de Jésus, couverts de honte d’avoir abandonné ou renié le Maître, alourdis par une totale impuissance face à ce scandale… et pourtant ! Elle bouscule les humeurs ténébreuses et commence à distiller l’onction joyeuse de la promesse accomplie : le Christ a vaincu la Mort, pulvérisant toutes nos peurs, nos angoisses, nos regrets, nos hésitations… et nous appelle à adhérer de tout notre cœur à la vie que nous offre le Ressuscité, à nous convertir définitivement à la logique de l’Amour qui ne connaît comme mesure… que la démesure ! Voici donc « l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux » (Ps 117) !
Disons-le, la surabondance de la joie pascale qui rayonne sur le visage des nouveaux baptisés, provoque en nous comme une ivresse d’amour qui va se déployer tout au long du temps pascal. Dieu Lui-même se réjouit du jour qu’Il a fait pour que son peuple retrouve la santé de l’âme après le pardon octroyé : « Ils auront l’âme comme un jardin tout irrigué ; ils verront la fin de leur détresse. La jeune fille se réjouit, elle danse ; jeunes gens, vieilles gens, tous ensemble ! Je change leur deuil en joie, les réjouis, les console après la peine. » (Jr 31, 12-13).
Cette folle déclaration d’amour que Dieu nous fait dans le mystère pascal du Christ régénère chacun dans son charisme propre au sein de l’Église et peut être entendue au pied de la lettre par certains d’entre nous. En effet, Dieu se plaît à appeler quelques-uns personnellement parmi les baptisés à se donner en retour de manière radicale, dans un don total de soi, corps et âme et pour une totale disponibilité à Son œuvre d’amour. Si cette suite du Christ impose un libre renoncement à l’amour humain, ainsi qu’à la paternité et maternité humaines, c’est pour vivre avec Dieu une relation de type nettement nuptial où Dieu prend toute la place dans la personne, anticipant par là les noces éternelles auxquelles nous sommes tous appelés. Ainsi, le grain de folie que représente la vie consacrée au cœur de l’Église doit rappeler à tous les baptisés la fraîcheur de leur propre appel, la grandeur des trésors spirituels qui leur sont proposés, la largesse de la vie intérieure qu’ils sont invités à déployer et la joie immense promise aux amis de Dieu. Si ces quelques mots parlent à certains d’entre vous, si cette invitation de la part de Dieu a pu résonner de quelconque manière dans votre cœur, n’ayez pas peur de venir nous retrouver le samedi 11 avril, avec le Père Jean-Marie, pour parler de la vocation sacerdotale et de la vie consacrée sous toutes ses formes… en toute liberté !
Chers frères et sœurs, suivons désormais les pas du Ressuscité, et assistés par le secours de la Vierge Marie, ne retenons pas l’Esprit Saint qui brûle au fond de nos cœurs et nous pousse à témoigner au monde de quel amour fou nous sommes aimés… Christ est ressuscité, Il est vraiment ressuscité, alléluia ! Joyeuses Pâques à tous !
Élodie Soulard, ocv






